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Traitement anticomitial chez l’enfant
Trileptal® ? - Lamictal®
? - Embarras du choix ? - Sans importance ?
(pdf)
Avec une prévalence de 0,5 à 1 %, l’épilepsie fait partie, après l’asthme
bronchique, des maladies chroniques les plus fréquentes de l’enfant. Même
si un traitement médicamenteux de longue durée n’est pas toujours indiqué,
il n’en reste pas moins que la majorité des enfants nouvellement diagnostiqués
ont besoin d’un traitement anticomitial sur plusieurs années. Ce traitement
est efficace chez environ 80 % des enfants souffrant d’épilepsie idiopathique,
mais seulement chez 60 à 70 % des enfants souffrant d’épilepsie symptomatique.
Plusieurs syndromes épileptiques de l’enfant ont un bon pronostic; en
raison de la fréquence élevée des épilepsies bénignes, qui font partie
des épilepsies idiopathiques liées à l’âge, environ 2/3 des enfants seront
guéris de leur épilepsie à l’âge de l’adolescence.
Au cours de ces dernières années, plusieurs substances anticonvulsivantes
nouvelles ont été introduites. Les pédiatres n’ont pas encore eu le temps
de se familiariser avec les indications, l’efficacité, la pharmacocinétique
et les possibles effets secondaires. L’enfant épileptique se présentera
au cabinet du pédiatre après l’introduction d’un traitement par l’épileptologue
spécialisé, qui soulèvera toute une série de questions et de problèmes
sur les modalités de la prise, les examens de laboratoire, le contrôle
du taux sanguin, les éventuels effets secondaires, ou les interactions.
Nous aimerions de ce fait résumer ici les règles générales d’un traitement
anticomitial à long terme et évoquer les caractéristiques des médicaments
les plus utilisés à l’heure actuelle.
Indications thérapeutiques
En principe, l’indication du traitement médicamenteux est posée lorsque
- l’évolution naturelle de la maladie risque de porter atteinte à la
santé du patient (p. ex. en cas de blessure lors d’une crise, en raison
des complications neuropsychologiques de crises répétées ou prolongées,
ou en cas de détérioration cognitive par une activité épileptique subclinique,
observée à l’EEG)
et
- si le traitement médicamenteux permet d’améliorer de façon significative
l’évolution naturelle de l’épilepsie
et
- si le risque du traitement médicamenteux est inférieur à celui de
l’évolution naturelle de l’épilepsie.
Plusieurs facteurs doivent être évalués avant de poser l’indication thérapeutique.
Certains sont spécifiques à l’épilepsie (p. ex. l’étiologie,
le risque de récidive, les facteurs de provocation, les crises essentiellement
nocturnes, le risque de blessure, le risque d’état de mal épileptique,
la durée du traitement, le pronostic), d’autres sont spécifiques
aux patients (p. ex. l’âge de l’enfant, l’étiologie d’une
épilepsie symptomatique, les maladies associées, le développement, la
situation scolaire, la famille, les sports, les loisirs).
Pour certaines épilepsies bénignes idiopathiques il est de ce fait possible,
après avoir évalué ces différents facteurs, de renoncer à une médication
à long terme (p. ex. pour l’épilepsie bénigne à pointes centro-temporales
[épilepsie rolandique], pour l’épilepsie bénigne du jeune enfant à paroxysmes
occipitaux [syndrome de Panayiotopoulos] ou lors d’épilepsie réflexe,
si les facteurs provocants peuvent être évités [p. ex. pour certaines
crises induites par des stimuli lumineux]).
Si, à la suite d’un premier épisode, la classification du type de convulsion
et du syndrome épileptique, et de ce fait le pronostic, n’ont pas pu être déterminés,
il est probablement judicieux d’observer l’enfant sans traitement continu, mais
avec un médicament d’urgence disponible (« never treat a single seizure »).
Parents et enfant doivent être, dans cette situation, instruits des précautions
à prendre afin d’éviter tout risque d’accident (p. ex. interdiction de la natation
sans surveillance, de sports avec risque de chute, éventuellement accompagnement
sur le chemin de l’école). Le risque de récidive à la suite d’un premier épisode
de convulsion non provoquée est le plus élevé dans les trois premiers mois;
ainsi, les mesures de précaution peuvent, dans la majorité des cas, être allégées
par la suite. En cas de récidive, et dans certains cas pour un traitement préventif
de brève durée, les benzodiazépines énumérées dans le
tableau
1 peuvent être utilisées.
Une fois la décision de traitement à long terme prise, en raison de répétition
des crises, ce sont des facteurs médicamenteux qui doivent
être pris en considération. Il s’agit de l’efficacité de la substance
(aussi bien en ce qui concerne la suppression des crises que l’amélioration
de l’activité paroxystique à l’EEG, possiblement délétère), des éventuels
effets secondaires, du risque de troubles neuropsychologiques, des formes
galéniques disponibles, de la fourchette thérapeutique, des possibles
effets tératogènes ainsi que du prix.
La prise d’une décision de traitement à long terme nécessite de ce fait
des connaissances approfondies sur la situation de l’enfant, la maladie
épileptique et son évolution, l’efficacité et les effets secondaires du
médicament. Il est nécessaire d’évaluer d’une part les effets bénéfiques,
d’autre part les possibles risques, le but thérapeutique étant non seulement
le contrôle des convulsions, mais également une qualité de vie optimale
pour l’enfant.
Les médicaments
1. Carbamazépine / Oxcarbazépine
Le médicament de choix pour le traitement des crises partielles et des
crises partielles secondairement généralisées reste la carbamazépine.
Des formes retard existent sur le marché, dont certaines sont sécables
ou peuvent être diluées dans l’eau. Il s’agit du Tégrétol CR®
et du Timonil retard®. Le dosage moyen est de 15-20 mg/kg/j
en deux doses. L’augmentation trop rapide des doses initiales (ou une
intolérance à l’époxide) provoque des effets secondaires transitoires
tels que vertiges, céphalées, diplopie, troubles gastrointestinaux. Environ
1 % des enfants présentent un exanthème allergique, qui ne nécessite cependant
pas obligatoirement l’arrêt de la médication. En raison de l’induction
enzymatique hépatique de la carbamazépine, les interactions médicamenteuses
sont importantes. Certaines substances seront plus rapidement éliminées
(p. ex. les hormones d’un traitement anticonceptionnel !).
Les contrôles de laboratoire montrent parfois une légère neutropénie,
une légère hyponatrémie, rarement une thrombopénie. La fourchette thérapeutique
se situe entre 16 et 50 mmol/l, tolérance et efficacité variant d’une
personne à l’autre. En cas de surdosage, les patients présentent des troubles
neuropsychologiques tels que fatigue, céphalées, diplopie, strabisme,
ataxie. Le risque tératogène est légèrement augmenté en cas de grossesse
sous carbamazépine, tout particulièrement pour les défauts du tube neural.
L’oxcarbazépine est considérée comme la « grande sœur » de
la carbamazépine (son prix est nettement plus élevé). Introduite pour
le traitement des épilepsies de l’enfant depuis quelques années sous le
nom de Trileptal®, son efficacité est identique à celle
de la carbamazépine, mais elle paraît légèrement mieux tolérée et l’induction
enzymatique est moindre. Il est possible de passer de la carbamazépine
à l’oxcarbazépine du jour au lendemain. Les doses usuelles sont 1,5 à
2 fois plus élevées que celles de la carbamazépine, allant jusqu’à 30-40
mg/kg/j en deux doses. L’effet secondaire le plus important est l’hyponatrémie,
qui peut être sévère. Des valeurs de sodium inférieures à 125 mmol/l,
retrouvées chez environ 3 % des patients, obligent à changer la médication.
2. Valproate
Le valproate est connu depuis plusieurs décennies comme médicament à
large spectre agissant aussi bien sur les crises généralisées que sur
les crises partielles. Il est commercialisé sous le nom de Convulex®,
Depakine® ou Orfiril®, sous forme retard,
et considéré comme le médicament de premier choix. Le dosage habituel
se situe entre 15 et 20 mg/kg/j, mais la dose peut être, si nécessaire,
augmentée progressivement jusqu’à 50 mg/kg/j. Le taux sanguin thérapeutique
se situe entre 170 et 700 mmol/l.
Le valproate n’a que peu d’effets secondaires. Cependant, il peut provoquer
une perte exagérée des cheveux (la biotine est efficace contre cet effet
secondaire). Un tremblement fin des mains est observé, tout particulièrement
chez les enfants présentant des troubles de la motricité fine; cet effet
secondaire est dose-dépendant.
Une coagulopathie, également dose-dépendante, est parfois observée; les
tests de laboratoire montrent une prolongation du PTT, une légère thrombopénie,
une hypofibrinogénémie, une diminution des antigènes associés au facteur
VIII (en analogie au facteur de von Willebrand); il convient d’éviter
une comédication avec l’acide acétylosalicylique et/ou d’autres facteurs
inhibant l’agrégation plaquettaire. Chirurgiens et anesthésistes doivent
être avertis de la diathèse hémorragique; en cas d’intervention élective,
il est recommandé de contrôler les paramètres de laboratoire et, en cas
d’anomalie, de donner du DDAVP (p. ex. Minirin®) afin de
diminuer le risque d’hémorragie. Dans certains cas, le port d’un certificat
médical est conseillé.
Très rarement, le valproate provoque une hépato-encéphalopathie similaire
au syndrome de Reye, qui se manifeste au cours des premières semaines
de traitement et dont les symptômes sont l’asthénie, le coma, les vomissements,
les douleurs abdominales, une augmentation de la fréquence des crises.
Sans traitement, cette complication peut être létale. Le risque est plus
élevé chez les enfants de moins de 2 ans avec retard du développement
psychomoteur, maladie épileptique d’origine indéterminée, et sous polythérapie
(tout particulièrement en association avec le phénobarbital). Le traitement
de valproate est contre-indiqué lors de maladie hépatique pré-existante
ou en cas de trouble de l’oxydation des acides gras. Le contrôle des fonctions
hépatiques ne permet pas de prévenir cette complication. Il n’est donc
pas justifié de contrôler régulièrement ces valeurs. Il est cependant
indiqué d’informer les parents ou les personnes à charge de l’enfant sur
la symptomatologie et de leur demander de contacter le médecin traitant
en cas de signes suspects le plus rapidement possible.
Le valproate augmente l’appétit, la prise pondérale est particulièrement
mal vue par les adolescentes. Il ne diminue pas l’efficacité du traitement
anticonceptionnel hormonal, mais il a également un effet tératogène (défaut
du tube neural).
3. Lamotrigine
La lamotrigine vient en deuxième ligne, après carbamazépine et valproate.
Cette substance (Lamictal®), est efficace aussi bien contre
les crises généralisées idiopathiques que les crises partielles. Elle
est en général très bien tolérée et n’a que très peu d’effets secondaires.
Le seul effet secondaire significatif est un érythème allergique survenant
au cours de l’introduction du Lamictal®, tout particulièrement
chez les patients sous traitement de valproate. Le risque peut être diminué
par une augmentation très lentement progressive, toutes les deux semaines
(« start low, go slow »).
En monothérapie, le dosage initial recommandé est de 0,3 mg/kg/j en deux
doses. Ce dosage sera augmenté toutes les deux semaines jusqu’à 2 mg/kg/j
(max. 8 mg/kg/j). Des doses plus élevées n’apporteront probablement aucune
amélioration. En cas de traitement combiné avec valproate, la dose initiale
doit être de 0,15 mg/kg/j, elle sera augmentée toutes les deux semaines
jusqu’à 1 mg/kg/j (max. 5 mg/kg/j). En cas de combinaison avec une substance
inductrice enzymatique, la dose initiale peut être portée à 1-2 mg/kg/j
et augmentée progressivement jusqu’à 10-15/mg/kg/j. La lente phase de
titration de la lamotrigine rend parfois nécessaire la comédication transitoire
avec une benzodiazépine (p. ex. clobazam), afin d’éviter des convulsions
jusqu’à ce que la dose d’entretien de Lamictal® soit atteinte.
Les rares effets secondaires sont dose-dépendants et consistent en diplopie,
céphalées, vertiges, tremblement ou ataxie. Aucun examen de laboratoire
ni du taux sanguin n’est nécessaire.
4. Sultiam
Le sultiam (Ospolot®), inhibiteur de la carboanhydrase,
est le médicament le plus efficace pour le traitement de l’épilepsie bénigne
à pointes centro-temporales (épilepsie rolandique), syndrome épileptique
le plus fréquent chez l’enfant. Le dosage recommandé est de 5-7 mg/kg/j
en trois doses. Il n’a pas d’effets secondaires d’importance. La formule
sanguine et les électrolytes doivent cependant être contrôlés une fois
que le patient est sous dose d’entretien. Le sultiam est également efficace
pour d’autres syndromes épileptiques idiopathiques, mais également pour
les crises partielles symptomatiques, pour lesquelles cependant les doses
doivent être plus élevées. Le sultiam sera réintroduit en Suisse par Swissmedic
ces prochaines semaines.
5. Ethosuximide
Cette substance (Suxinutin® ou Pétinimid®)
est utilisée pour le traitement de l’épilepsie-absences, tout particulièrement
chez les patients qui n’ont pas répondu au traitement de valproate. Les
doses recommandées sont de 20-30 mg/kg/j en trois doses. La fourchette
thérapeutique se situe entre 280 et 700 mmol/l. Les troubles neuropsychologiques
sont l’effet secondaire le plus fréquemment observé.
6. Topiramate
Un des médicaments introduits récemment est le topiramate (Topamax®).
Il est admis aussi bien en tant que médication « add-on » qu’en
monothérapie dès l’âge de 2 ans, et indiqué aussi bien pour le traitement
des crises généralisées que des crises partielles. Son efficacité est
comparable à celle des médicaments de premier choix. Le dosage initial
est de 0,5-1 mg/kg/j en deux doses, à augmenter progressivement de semaine
en semaine jusqu’à 10 mg/kg/j en fonction du résultat clinique. Des examens
de laboratoire ou des contrôles du taux sanguin ne sont pas nécessaires.
Des doses élevées peuvent provoquer des troubles neuropsychologiques tels
que troubles de la concentration, fatigue et troubles articulatoires.
Un autre effet secondaire cliniquement significatif est l’inappétence
avec perte de poids. Son efficacité a été démontrée dans le traitement
du syndrome de West (spasmes infantiles); pour cette indication, des doses
plus élevées peuvent être nécessaires. Le topiramate semble avoir un effet
neuroprotecteur, ainsi qu’une efficacité spécifique dans le traitement
des convulsions du nouveau-né.
7. Lévétiracétam
Le lévétiracétam (Keppra®) est le dernier arrivé sur le
marché des médicaments anticonvulsivants. Chez l’adulte, il agit aussi
bien sur les crises généralisées que sur les crises partielles, et a démontré
une très bonne tolérance. Alors que chez l’adulte, il n’est pas nécessaire
d’augmenter progressivement le dosage, ceci est nécessaire chez l’enfant,
car des troubles neuropsychologiques ont été observés. Il semble que le
lévétiracétam ait le même large spectre d’activité anticomitiale que le
topiramate et la lamotrigine. Le dosage recommandé se situe entre 20 et
50 mg/kg/j en deux doses. Il n’y a pas d’indication à pratiquer des examens
de laboratoire ou des contrôles du taux sanguin.
8. Vigabatrin
Suite ä l’observation de rétrécissements du champ visuel dus à une toxicité
au niveau de la rétine, les indications du vigabatrin (Sabril®)
sont limitées au traitement du syndrome de West, aux crises partielles
de la sclérose tubéreuse de Bourneville et aux crises partielles réfractaires
aux traitements traditionnels, par exemple celles qui accompagnent les
dysplasies corticales. Le dosage habituel est de 40-70 mg/kg/j en deux
doses. Aucun examen de laboratoire ni contrôle du taux sanguin n’est nécessaire
Evaluation des nouveaux médicaments anticonvulsivants
Les nouveaux médicaments anticonvulsivants tels que oxcarbazépine, lamotrigine,
topiramate et lévétiracétam se signalent tous par un large spectre d’efficacité,
une bonne tolérance et une toxicité faible. De ce fait, il n’est pas nécessaire
de pratiquer de routine des examens de laboratoire ni des taux sanguins.
Ces médicaments partagent également un prix bien plus élevé que celui
des médicaments plus anciens, augmentant les frais de traitement d’un
facteur 10 à 20. Les connaissances quant à leur tératogénicité sont encore
pauvres. Etant donné que toute nouvelle substance est d’abord introduite
pour le traitement « add-on » d’épilepsies réfractaires, l’expérience
avec le traitement des formes plus fréquentes d’épilepsie, et des épilepsies
dont le pronostic est meilleur, n’est acquise que dans un deuxième temps.
Il n’y a pour le moment que peu d’études comparant l’efficacité des nouvelles
substances avec celle des traitements traditionnels. Il semble cependant
que les nouvelles substances n’aient pas une efficacité plus élevée, mais
qu’elles aient en règle générale des effets secondaires moins importants
et une meilleure tolérance. Les troubles neuropsychologiques observés
en polythérapie sont plus rares en monothérapie.
Examens de laboratoire et contrôle des taux sanguins (« drug
monitoring »)
Les contrôles des taux sanguins ne doivent pas être pratiqués de routine
sans question clinique précise. Ils sont indiqués pour carbamazépine,
valproate ou éthosuximide après introduction du traitement. Le taux le
plus bas est mesuré le matin avant la prise du médicament et associé aux
contrôles de laboratoire appropriés. Un examen du taux sanguin peut être
également indiqué en cas de réapparition des crises, en cas de suspicion
de mauvaise compliance, chez les enfants qui grandissent rapidement (p.
ex. les nourrissons et les petits enfants), afin de s’assurer qu’il reste
dans la fourchette thérapeutique. Il faut cependant se souvenir que le
taux sanguin mesuré ne correspond pas à la fraction libre, non liée aux
protéines plasmatiques, et que c’est cette dernière qui est responsable
de l’efficacité clinique et des effets secondaires. Il faut éviter de
réduire les doses si le taux sanguin s’avère au-dessus de la fourchette
thérapeutique, mais est efficace et bien toléré et il faut également éviter
d’augmenter le dosage si le taux sanguin s’avère inférieur à la fourchette
thérapeutique, mais est efficace.
Traitements non médicamenteux
Les chances de voir disparaître les crises ne se sont pas beaucoup améliorées
depuis l’introduction des nouveaux médicaments anticomitiaux. Le pronostic
des épilepsies symptomatiques reste moins bon que celui des épilepsies
idiopathiques. En cas de crises partielles symptomatiques et d’inefficacité
du médicament de premier choix, même à la dose maximale tolérée, il est
recommandé de passer à une autre monothérapie avec un médicament de deuxième
choix. Ce n’est qu’en cas d’inefficacité de deux monothérapies qu’un traitement
combiné sera prescrit.
Cependant, les chances de voir disparaître les crises après un échec
de deux traitements sont inférieures à 10 %. Les chances de succès d’un
traitement chirurgical pour ces crises partielles symptomatiques
sont nettement plus élevées. En cas de pharmacorésistance (absence de
contrôle des crises avec au moins deux médicaments de premier choix en
mono- puis en polythérapie durant deux ans) il est de ce fait recommandé
d’évaluer chez ces enfants les possibilités d’une chirurgie de l’épilepsie
dans un des centres spécialisés. L’absence de déficits neurologiques sévères
et la plasticité cérébrale font que la chirurgie est particulièrement
favorable chez l’enfant.
Un autre traitement proposé en cas de pharmacorésistance est le régime
cétogène, qui permet d’obtenir une rémission chez environ 10 %
des enfants. La mise en route du régime cétogène et le suivi de ces enfants
sont offerts dans quelques rares centres.
La stimulation du nerf vague est une méthode qui n’a pas
encore fait ses preuves chez les enfants. Elle part du principe que les
impulsions émises par le pace-maker avec les électrodes implantées sur
le nerf vague préviennent chez certains patients la survenue et la propagation
de crises épileptiques. Ce procédé reste pour le moment réservé à quelques
enfants souffrant d’épilepsie sévère et réfractaire.
Conclusions
Le traitement des épilepsies de l’enfant n’est pas plus simple depuis
l’arrivée des nouveaux médicaments anticonvulsivants. Le pronostic des
maladies épileptiques de l’enfant n’a pas été amélioré par ces nouvelles
substances. La mise en route d’un traitement de longue durée et le choix
du médicament ne doivent être décidés qu’après une évaluation de cas en
cas des bénéfices et des risques. La prise en charge de l’enfant épileptique
nécessite une collaboration à long terme entre le pédiatre au cabinet
et l’épileptologue. Elle doit toujours poursuivre deux buts, d’une part
la suppression des crises, d’autre part une qualité de vie optimale pour
l’enfant.
Thomas Schmitt-Mechelke, Luzern
(Traduction :Charles-Antoine Haenggeli, Genève)
Références :
- Diagnostische und therapeutische Prinzipien bei Epilepsien im
Kindesalter. Deutsche Gesellschaft für Kinder- und Jugendmedizin.
Leitlinien Kinderheilkunde und Jugendmedizin. Urban und Fischer, München
2003
- Die sogenannten Neuen Antiepileptika – Stellungnahme des Königsteiner
Arbeitskreises für Epileptologie zu den neuen antiepileptischen Wirksubstanzen.
Epilepsie-Blätter 1/1998, p 1 - 12
- Doose H: Epilepsien im Kindes- und Jugendalter; Desitin Arzneimittel
GmbH. Erhältlich bei Desitin Pharma GmbH, 4410 Liestal
- Laub M.C. (U): Neue Antiepileptika aus pädiatrischer Sicht.
Monatsschr Kinderheilkd 144, 1123-1135 (1996)
- Rating D, Wolf C: Sulthiame versus Placebo in the Treatment of
Benign Childhood Epilepsy with Centrotemporal spikes. Epilepsia
40 (suppl. 2): 163 (1999)
- Siemens/Bourgeois: Anfälle und Epilepsien bei Kindern und Jugendlichen.
Georg Thieme Verlag Stuttgart, 2001
- Waltz S, Muhle H: Eindosieren von Antiepileptika bei Kindern.
Pädiat. prax 56, 589-598 (1999)
Adresse de l'auteur :
Dr. Th. Schmitt-Mechelke
Leitender Arzt Neuropädiatrie
Kinderspital
6000 Luzern 16
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Tableau 1:
Liste des benzodiazépines utilisées pour le traitement aigu de
la crise épileptique ou pour un traitement préventif de brève durée
| Substance |
Préparation |
Dosage |
| Diazépam rectal |
- Diazepam Desitin® rectal
tubes 5mg, 10 mg
- Stesolid microclystères®
5mg, 10 mg
|
< 20 kg : 5 mg
> 20 kg : 10 mg |
| Diazépam oral |
- Psychopax® gouttes (1 ml=30
gttes=10 mg)
- Valiquid® gouttes (1 ml=30
gttes=10mg)
|
0.75-1 mg/kg/j en 3 doses |
| Lorazépam oral |
- Temesta-Expidet® 1mg,
2,5 mg
|
0.1 mg/kg/j |
| Lorazépam I.V. |
- Temesta® ampoules,
1 ml = 4 mg
|
0.1 mg/kg/j I.V. |
| Clonazépam I.V. |
- Rivotril® ampoules, 1 ml
= 1 mg
|
0.02 mg/kg/j I.V. |
| Clobazam oral |
|
0.5-1 mg/kg/j en 3 doses |
|
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Parution le 25 mai 2003 / jdr
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