Nouvelles recommandations suisses en matière de vaccination par BCG

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L’incidence de la tuberculose est en régression constante depuis de nombreuses années en Suisse [1]. L’incidence globale mesurée y était de 8,7 / 100'000 habitants en l’an 2000, cachant toutefois un taux 5 fois plus petit chez les citoyens suisses que chez les ressortissants étrangers établis dans notre pays. C’est en 1994 que le nombre absolu de déclarations concernant les ressortissants étrangers a dépassé celui concernant les citoyens suisses. Des taux de prévalence extrêmement élevés (de l’ordre de 300 / 100'000) ont été observés chez les requérants d’asile. Dans cette tranche de population, les examens effectués par le Service sanitaire de frontière [2] révèlent presque 1% d’anomalies radiologiques faisant suspecter une tuberculose et justifiant une poursuite des investigations (publication en préparation).

 

Des différences sont également observées dans la distribution des cas par tranche d’âge. Alors qu’actuellement les cas de tuberculose observés chez les citoyens suisses concernent presque exclusivement les personnes âgées, les cas détectés chez les ressortissants étrangers touchent toutes les tranches d’âge et particulièrement les enfants. Ceci doit nous rappeler que la tuberculose est particulièrement dangereuse pour les nourrissons et les petits enfants en raison de leur tendance à développer une forme disséminée de la maladie (méningite ou miliaire).

 

La faible incidence de tuberculose observée en Suisse (< 10/100'000/an), ainsi que dans les autres pays industrialisés, contraste avec l’augmentation assez récente constatée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les autres régions du monde (cf rubrique N° 6 dans : WHO Report 2002 Global Tuberculosis Control [3]). En réponse à cette augmentation et pour l’endiguer, l’OMS a déclaré 22 pays « high burden countries » et recommande pour eux l’application de la statégie DOTS (Directly Observed Treatment, Short course). En outre, l’OMS prévoit, pour les pays en développement, des actions préventives comme la chimiothérapie post-expositionnelle et la vaccination par BCG à la naissance (ou, selon les circonstances, dès que possible après la naissance) [4]. Dans les pays où la probabilité de tuberculose est faible (<0.1% / année), il est recommandé de vacciner de façon sélective et de réserver la vaccinations aux sujets appartenant à un groupe à risque élevé.

Les nouvelles recommandations suisses pour la vaccination par BCG prennent en compte les données épidémiologiques spécifiques à la Suisse ainsi que les connaissances actuelles sur les effets désirables et indésirables de cette vaccination. Dorénavant, le BCG n’est recommandé que chez le nouveau-né et le nourrisson de moins de 12 mois dont les parents sont originaires d’une zone d’endémie élevée (Afrique, Asie, Amérique latine, Europe de l’est, Portugal) et seraient susceptibles d’y retourner, que ce soit définitivement ou provisoirement. Quand elle est administrée au cours de la première année de vie, la vaccination par BCG ne nécessite pas un test tuberculinique préalable. La pratique du test tuberculinique post-vaccinal est inutile (et son résultat illusoire) en raison de l’absence de corrélation entre le résultat du test et l’effet protecteur du vaccin.

Pour la première fois, par l’intermédiaire du réseau InfoVac [5] , les grandes lignes de ces nouvelles recommandations ont été portées à la connaissance des médecins pédiatres et généralistes avant leur publication officielle. Ceci a suscité un débat intense et fructueux qui a amené à proposer quelques ajustements au projet initial.

 

 

Daniel Desgrandchamps Jean-Pierre Zellweger Hans Rieder Ekkehardt Altpeter Peter Helbling
Pédiatre et infectiologue, Baar Ligue pulmonaire suisse, Berne International Union against Tuberculosis and Lung Diseases (IUATLD), Kirchlindach Office fédéral de la santé publique, Berne
Commission suisse pour les vaccinations, Ligue pulmonaire Suisse, Office fédéral de la santé publique
(Traduction : Bernard Vaudaux, Lausanne)

 

 

Références :

  1.  
Bundesamt für Gesundheit. Tuberkulose in der Schweiz: 1999-2000. Bull BAG 2002; (Nr. 9:) 168-74.
  1.  
Bundesamt für Gesundheit. Vorgehen bei Verdacht auf Tuberkulose bei Asylsuchenden. Bull BAG 2000; (Nr. 46:) 907-8.
  1.  
http://www.who.int/gtb/publications/globrep02/index.html
  1.  
World Health Organization. BCG in immunization programmes. Wkly Epidem Rec 2001; 76:33-9.
  1.  
Siegrist C, Desgrandchamps D, Heininger U, Vaudaux B. How to improve communication on vaccine issues at the national level? INFOVAC-PED: an example from Switzerland. Vaccine 2001; 20(Suppl.1):S98-S100.

 

 

Correspondance:

Dr. med. Daniel Desgrandchamps
FMH Pädiatrie
Rigistrasse 15
6340 Baar
desgrandchamps@datazug.ch

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Parution le 9 avril 2003


Dernière mise à jour du site: 08.05.2008