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ANTICOAGULATION EN PÉDIATRIE
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Tableau 1. Dosage de l’héparine standard
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Jusqu’à présent seules les préparations des HBM Enoxaparin et Reviparin-Sodium (ce dernier n’est pas sur le marché suisse) ont été testées chez l’enfant en fonction du dosage. Le tableau 2 montre le dosage thérapeutique et prophylactique de l’Enoxaparin. Il faut remarquer que le dosage de l’Enoxaparine est également âge-dépendant. En dessous de 2 mois, les enfants nécessitent une dose plus grande qu’après l’âge de 2 mois.
Tableau 2. Dosage de l’Enoxaparin
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Saignements: Le taux de complications hémorragiques chez l’enfant
lors d’anticoagulation avec l’HS est de 2%. Les méta analyses
d’études randomisées comparant le traitement avec les HBM
à celui avec l’HS lors d’accidents thrombo-emboliques chez
l’adulte, ont montré que les complications hémorragiques
sont moins fréquentes avec l’HBM qu’avec l’HS. Lors
de saignements, tout traitement héparinique doit être immédiatement
arrêté. Tout saignement sévère et cliniquement relevant
peut être contrôlé rapidement avec une dose intraveineuse
de protamine HCl. La protamine HCl peut entièrement neutraliser l’activité
anti-thrombine de l’HS. L’activité anti-FXa de des HBM n’est
neutralisée qu’à 75% in vitro ; chez l’animal, il
a été cependant montré que les hémorragies dues
aux HBM peuvent être complètement arrêtées par la
protamine HCl.
Ostéoporose: L’ostéoporose est reconnue comme étant
un important effet secondaire d’un traitement de longue durée de
l’HS chez l’adulte. Bien qu’il n’y ait pas de données
quant à une telle association chez l’enfant, un traitement prolongé
à l’HS devrait être évité.
Chez l’adulte, l’effet des HBM sur la densité osseuse n’est
pas aussi grave que celui de l’HS. Il n’y a pas de données
correspondantes chez l’enfant, hormis le report du cas de deux sœurs
avec un déficit homozygotique en protéine C, ayant une densité
osseuse normale, après trois ans de thérapie sous-cutanée
prophylactique avec les HBM.
Thrombocytopénie induite par l’héparine: La thrombocytopénie
induite par l’héparine (TIH) est causée par des anticorps
héparine-dépendants, activant les thrombocytes , ou par des anticorps
contre le facteur 4 des thrombocytes. Elle débute chez environ 1 % des
adultes 5 à 10 jours après le début de l’héparinothérapie
et cause de graves accidents thrombo-emboliques. La TIH est plus rare chez l’adulte
sous les HBM que sous HS. Chez l’enfant, la TIH est encore plus rare,
mais devrait toujours faire partie du diagnostic différentiel, lorsque
toute autre cause de thrombocytopénie est exclue. Si une TIH est présente,
tout traitement héparinique doit être cessé immédiatement
et une anticoagulation avec Danaparoid ou Hirudin doit être instaurée.
Les anticoagulants oraux sont des antagonistes de la vitamine K. Leur action anticoagulante est basée sur l’inhibition réversible du cycle de la vitamine K et donc de la synthèse des facteurs vitamine K dépendants (FII, FVII, FIX et FX)
L’anticoagulation orale est monitorée par le contrôle du temps de prothrombine (Quick). Le temps de prothrombine devrait être donné par l’INR (International Normalized Ratio), reconnu par l’OMS ( Organisation Mondiale de la Santé), parce que chaque valeur mesurée est basée sur un réactif standard de thromboplastine et est thromboplastine indépendant, permettant une comparaison des valeurs. La marge thérapeutique optimale pour le traitement et la prophylaxie de la TVP/EP est un INR compris entre 2 et 3.
Chez l’enfant, l’anticoagulation orale nécessite une surveillance
plus fréquente que chez l’adulte. Cela pourrait être dû
aux raisons suivantes : (1) Une nourriture pauvre en vitamine K (lait maternel),
ou une nourriture avec complément en vitamine K (nutrition parentérale
totale, substituts du lait maternel), induisant une augmentation de la sensibilité
ou de la résistance aux AO. (2) Les enfants souffrant de maladies primaires
graves ou d’infections à répétition reçoivent
souvent de nombreux médicaments qui influencent la résorption
intestinale ou le métabolisme des AO.
Tableau 3. Substances interagissant avec l’anticoagulation orale
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Tableau 4. Dosage de l’anticoagulation orale
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Le dosage des AO chez les enfants avec un INR de base normal figure dans le tableau 4. La préparation la plus utilisée en Europe est le Phenprocouman (Marcoumar®), qui a une demi-vie plasmatique de 160 heures.
Comme les facteurs vitamine K-dépendants sont physiologiquement bas à la naissance (env. 50 % de la valeur adulte) et qu’il y a une carence en vitamine K, une anticoagulation orale devrait si possible être évitée chez le nourrisson.
Les TVP sont traitées chez l’enfant par les HBM ou l’HS les 5 à 10 premiers jours, puis avec les HBM ou les AO pour 3 mois (TVP secondaire), 6 mois (TVP spontanées), ou plus longtemps (dans le cas de TVP récidivantes parfois à vie). Les AO peuvent être donnés dès le second jour du traitement anticoagulant avec les HBM ou l’HS, et aussi longtemps conjointement, jusqu’à ce que l’INR atteigne une valeur entre 2 et 3 durant 2 jours consécutifs. Pour l’EP, un traitement de départ de 7 à 10 jours est recommandé, suivie d’au moins 3 à 6 mois de traitement avec les HBM ou les AO.
Les HBM se distinguent des autres anticoagulants par un monitoring minimal, une incidence moindre d’effets secondaires (hémorragie, ostéoporose et TIH), aucune interaction avec le régime alimentaire ou avec d’autres médicaments, et la possibilité d’une administration par voie sous-cutanée, ce qui représente un net avantage chez les enfants qui ont un pauvre capital veineux. De plus, les HBM ont comme avantage par rapport à l’HS une biodisponibilité plus élevée, une demi-vie plus longue et une élimination dose-indépendante. Les HBM se sont imposées comme médicament de choix, indépendamment de l’âge ou de la maladie primaire de l’enfant pour le traitement et la prophylaxie de la TVP/EP. L’HS ne constitue une alternative que pour les patients avec une insuffisance rénale grave, ou lors de la nécessité d’un on/off rapide de l’anticoagulation. Les AO ne devrait être préférés que lors d’anticoagulation de longue durée (? 6 mois) ou à vie.
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Manuela Albisetti, Zurich
(Traduction: Mascha Rochat, Zurich)
Adresse de l’auteure:
Dr. med. Manuela Albisetti
Leiterin der Thrombose-Sprechstunde
Universitäts-Kinderklinik
Steinwiesstrasse 75
8032 Zürich
email: manuela.albisetti@kispi.unizh.ch
Parution le 10 décembre 2002
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