|
| |
Récit d’un utilisateur convaincu
de l’ordinateur de poche 
Une sonnerie retentit dans la salle de colloque, tout le monde se retourne en
direction de la source de cette pollution acoustique qui perturbe les explications
sur un cas fort intéressant. Ce son inhabituel n’est pas celui d'un téléphone
mobile, mais qu'est-ce donc? Un peu gêné je cherche, ah oui, bien sûr, c'est
le PSION, mon agenda électronique qui me rappelle un rendez-vous important.
Depuis l’achat de mon premier ordinateur de table (un desktop), puis d’un ordinateur
de poche il y a quelques années, cet ordinateur qui tient dans le creux de la
main (c-à-d un palmtop, aussi appelé « organizer »), depuis
lors donc, la technologie de l’informatique et des ordinateurs a fait de tels
pas de géants que ce dont je rêvais comme étudiant est devenu réalité. Il suffit
de considérer que mon premier desktop avait moins qu’un dixième de la capacité
de mémoire que possède mon PSION actuel , qu’il n’avait pas l’autonomie d’énergie
nécessaire pour assurer une quelconque « portabilité » (PSION :
20-24 heures d’utilisation avec des batteries AA rechargeables ou que l’on achète
au kiosque) et encore moins une quantité d’informations immédiatement
disponibles par des applications qui sont utiles et difficilement remplaçables
par du papier, quelle que soit sa forme. En plus, un ordinateur palmtop contrairement
aux desk- et laptops [a] s’ouvre et s’utilise immédiatement,
il ne nécessite donc pas un temps, qui parfois semble interminable, pour charger
toutes ses applications. Devant pareille évolution il est de plus en plus difficile
de suivre les nouveautés et de comprendre si tous ces palmtops se concurrençant
de façon acharnée présentent des véritables améliorations, des points forts
qui les rendraient rapidement indispensables, tellement elles faciliteraient
la vie. Au contraire s’agirait-il simplement de stratégies de vente et qui « tiennent
beaucoup du gadget pour le moment » comme l’on peut le lire même sur Internet(1) ?
En 2002 un nombre grandissant de
personnes, même les plus réfractaires à ce genre de « jouets », se
rend lentement à l’évidence que l’inondation dans les magasins, les publicités
(et même semble-t-ils dans certains hôpitaux où tout assistant est « équipé »
avec un palmtop à son arrivée), par cet petites merveilles technologiques peut
changer radicalement la façon d’accéder et d’utiliser toute sorte d’information.
Mes considérations ne vont pas porter sur un conseil d’achat favorisant tel
produit plutôt que tel autre. Je n’en ai pas l’expertise, le marché est trop
grand, avec beaucoup d’imitations plus ou moins réussies. Il est vrai que le
plus ancien palmtop (le PSION, http://www.psion.com/)
a été dépassé par le PALM (http://www.palm.com/)
et d’autres produits similaires, et il y a même des bruits que la firme anglaise
va arrêter tout nouveau développement. Chacun appréciera, avec un minimum d’affinité,
simplement en essayant un produit, s’il lui convient. C’est la manière la plus
efficace de se convaincre si le rapport prix-bénéfice est approprié. Une chose
reste indispensable: celle de réfléchir et de définir les propres besoins. Le
futur, espérons heureux, utilisateur doit anticiper le type et la quantité
d’informations, ainsi que dans quels lieux et à quelle vitesse les données doivent
être disponibles sur son palmtop. Quel emploi veut-il en faire ? Par quel
moyen les données seront-elles introduites dans le palmtop : à la main,
au clavier, importables depuis un desktop ou internet ? Quelle compatibilité
minimale avec les hard- et software qu’il utilise déjà, devra en conséquence
être assurée sans faute ?
Pour être plus concret je vais mentionner
à titre d’illustration par un bref tour d’horizon les applications (120
fichiers dans 11 dossiers) que l’on trouve actuellement sur mon PSION.
Ceci pourra donner une idée en quoi ce « gadget » me facilite la vie.
Un agenda électronique des rendez-vous, des choses à faire, avec possibilité
de relier chaque entrée à une alarme, à un texte ou à un autre document (tabelle
type excel, dessin, enregistrement sonore). Elle est parfaitement compatible
pour l’échange des données pour la mise à jour (2-3 fois par semaine) avec mes
agendas sur les desktop au bureau et à la maison (pour éviter des collisions
de rendez-vous). Cette fonctionnalité pourrait aussi être intéressante pour
gérer son agenda avec le secrétariat, il suffit de faire la mise à jour quotidiennement.
A noter que les données peuvent être introduites dans l’agenda du desktop par
la secrétaire et se retrouvent ensuite sur le palmtop. Ensuite il y a une multitude
de textes (notes de conférences, mémos, références importes depuis Medline)
qui eux aussi sont parfaitement convertibles vers WORD sur mon desktop. Puis
on trouve bien entendu des tabelles interchangeables avec EXCEL pour
par exemple faire des calculs répétitifs en utilisant des formules simples (tels
le calcul des apports journaliers d’un malade en calories, protéines etc. selon
la compositions des nombreux laits pour bébé, faire des graphiques simples d’évolution
d’un paramètre biologique). Différentes bases de données sont soit des fichiers
au format habituel, tel pour les adresses, ou de format qui peut être trouvé
sur Internet et facilement être importé. Par exemple ce formulaire qui contient
toutes sortes de procédures pour calculer rapidement et de façon paramétrable
les besoins liquidiens, les SCORES d’Apgar, le Glasgow Coma scale, l’anion gap
et j’en passe(2). D’autres fichiers ont été élaborés
en collaboration. Tel ce fichier de médicaments avec 302 fiches (posologie et
commentaires succincts), pour lequel il suffit de taper 3-4 lettres pour retrouver
immédiatement la bonne fiche [b], un fichier de 107 mémos
pédiatriques sur des pathologies courantes et la marche à suivre. Une véritable
base de données(3), que j’ai installée
à l’essai, permets la gestion de 3600 dossier de malades avec leurs données
personnelles, leurs diagnostics, des mémos les concernants. Elle peut générer
un résumé d’admission par un simple clic qui ensuite peut être imprimé. Ceci
peut se faire soit par le cable qui relie le PSION au desktop, soit sans cable
par le port infrarouge si l’imprimante est également équipée avec ce type de
port. Ce type de fichiers est bien entendu seulement utile pour ceux qui ont
besoin d’informations succinctes à plusieurs endroits en tout le temps. Il ne
remplacera pas une base de donnée plus complexe. Par contre une base de données
sur un palmtop permets la saisie de données directement là ou elles sont produites,
pour ensuite, après transfert sur le desktop, être retravaillées (p.ex. des
résumés statistiques, la facturation etc.) Un autre fichier (importé depuis
Internet et adapté aux besoins helvétiques (4))
m’aide à la saisie des données pour documenter ma formation continue selon les
nouvelles directives de la SSP. Le temps d’écriture s’en trouve sensiblement
diminué, la documentation de la formation continue peut être imprimée sans difficulté
en tout le temps, surtout si le jour du contrôle et imminent. Sous divers
on trouve bien entendu un calculateur, une horloge avec toutes sortes de réveils
programmables (utile lors de voyages), un dictionnaire anglais, une application
pour dessiner des croquis avec le stylo sur l’écran tactile, un microphone/haut-parleur
pour enregistrer des fichiers de 1-2 minutes (j’ai gardé la voix d’un patient
avec stridor). Finalement les ressources sur internet sont innombrables si on
les cherche (5).
Last but not least, cela vaut la
peine de s’assurer que l’archivage se fait facilement et sont faille, car, expérience
faite, c’est lorsque vous aurez laissé tomber votre palmtop et qu’il semble
avoir rendu l’âme (même si un bon service après vente peut le remettre en route,
mais en général sans données !), que vous serez soulagé de pouvoir recharger
toutes vos données en un rien de temps. Ainsi lorsque mon PSION était en convalescence
j’ai du patienter pendant 2 semaines avec une version imprimée encombrante de
mon fichier d’adresses, sans dire que toutes les autres applications étaient
accessibles uniquement sur mon desktop. C’est là que j’ai définitivement compris
que je ne reviendrais plus en arrière sur l’usage d’un ordinateur de poche,
qui bien qu’il soit petit, est en réalité beaucoup plus complexe et utile qu’un
simple agenda électronique. C’est une question d’information computerisée mobile,
retrouvable dans un rien de temps là où on en a besoin. Ceci aide bien dans
la vie professionnelle et ne pourrait guère être remplacé sans perte par un
beau calpin.
P. Scalfaro, Lausanne
Références :
- http://www.linux-france.org/prj/jargonf/P/palmtop.html,
© Le Jargon Français v 3.2.141 - vendredi 14 décembre 2001.
- http://www.palmaris.com/products.htm
Medikit©: the essential tool for hundreds of medical calculations
and scores (Prix £40).
- http://www.palmaris.com/products.htm
Client_L©: keep track of your patients in the ward or in the clinic,
record events, and automatically generate discharge letters (Prix : £35).
- http://www.palmaris.com/products.htm
CMELog©: keep track of all those hours and points that make up
your continuing professional development (free)
- http://www.palmtopmagazin.de
Palm und Psion Downloads
[a] ces grands cousins des petits palmtops sont plus
performants certes, mais aussi plus encombrants, plus chers et surtout ayant
moins d’autonomie.
[b] Je remercie ici encore le Dr. Patrick Terrier, qui
m’avait donné une copie de sa base de données de médicaments que j’ai pu importer
sur mon PSION pour éviter de tout devoir introduire manuellement et que j’ai
complété avec le temps.
Top
|