Utilité d'un réseau d'information et de consultation sur les vaccinations ? Premier anniversaire officiel pour INFOVAC. (pdf)


INFOVAC-Ped a été lancé en phase pilote le 1er avril 2000 pour répondre aux besoins d'information et de formation continue des pédiatres suisses dans le domaine des vaccinations. Au 1er janvier 2001, l'obtention de subsides de l'Office Fédéral de la Santé Publique et de la Société Suisse de Pédiatrie a permis son installation officielle dans le paysage médical suisse. Six mois plus tard, INFOVAC-Ped s'ouvrait « officiellement » également aux médecins non-pédiatres, devenant ainsi INFOVAC. Au terme de cette première année de fonctionnement, bilan de cette initiative.


INFOVAC et les pédiatres

Le soutien de la Société Suisse de Pédiatrie (10.- par membre) à permis d'offrir à tous les pédiatres une participation gratuite à INFOVAC. Les membres de la SSP ont été contactés de plusieurs façons : 1) par des annonces dans Paediatrica et dans le journal du Forum für Praxis Pädiatrie, 2) par contact direct de tous les membres dont l'adresse électronique ou le fax figurait dans le fichier central de la SSP, 3) par un mailing unique (mars 2001) adressé à tous les membres de la SSP (à l'exception des membres vivant à l'étranger) qui n'avaient pu être joints par fax ou e-mail. En tout, 1374 pédiatres ont été contactés.

Entre janvier et décembre 2001, le nombre des pédiatres inscrits à INFOVAC est ainsi passé de 200 à 967 inscriptions, enregistrées de la façon suivante :

  • pédiatres de langue allemande : 624 (64.6%)
  • pédiatres de langue française : 343 (35.4%)

La distribution nationale des inscriptions à INFOVAC est illustrée par la répartition des langues, reflétant la distribution géographique des pédiatres en Suisse.

L'inscription des pédiatres s'est faite le plus souvent par courrier électronique (70%) (indiqué comme mode souhaité de communication). Cependant, l'inscription par fax est nécessaire pour 30% des pédiatres ne disposant pas encore d'accès au courrier électronique. Ainsi, l'élargissement des inscriptions d'INFOVAC à l'ensemble des pédiatres intéressés (et non seulement aux fidèles de la première heure) a effectivement fait monter le pourcentage des inscriptions par fax de 20% à 30%. La proportion des pédiatres utilisant le courrier électronique est un peu plus faible en Suisse Alémanique (64%) qu'en Suisse Romande (74%).


INFOVAC et les médecins d'autres spécialités

Entre juin et décembre 2001, plusieurs démarches ont été initiées pour permettre aux médecins d'autres spécialités de bénéficier aussi des services d'INFOVAC.

  1. Le Département des Maladies Infectieuses de l'Hôpital Universitaire de Genève a offert un abonnement d'un an aux membres de la Société Suisse d'Infectiologie, dont 178 sont maintenant inscrits.
  2. INFOVAC a été offert gratuitement à tous les Services des Médecins Cantonaux et élargi sa distribution à diverses instances de Santé Publique, permettant l'inscription de 74 médecins de Santé Publique.
  3. La création d'un abonnement annuel individuel (CHF 25.-) a permis aux médecins d'autres spécialités de s'inscrire à INFOVAC. Afin de faciliter l'inscription des médecins pour lesquels les vaccinations ne représentent pas une activité aussi importante que pour les pédiatres, nous avons proposé aux firmes distributrices de vaccin en Suisse d'acquérir des bons et de participer à la promotion d'INFOVAC en les offrant à leurs clients. Toutes les firmes ont accepté, ravies de ce « cadeau intelligent ». Grâce à leur intermédiaire, ainsi qu'à une description d'INFOVAC parue dans le journal Primary Care en automne, le nombre de médecins généralistes inscrits à INFOVAC est passé de 22 à 235 (dont 70% en Suisse alémanique). Des médecins internistes (28), des pharmaciens (14) et des médecins d'autres spécialités se sont également inscrits.

Ainsi, le nombre de médecins recevant les informations distribuées par INFOVAC est passé de 200 en janvier 2001 à 1536 en janvier 2002 !


Quelles activités pour INFOVAC ?

Entre janvier et juin 2001, INFOVAC a préparé et distribué 6 bulletins mensuels d'information1). Par ailleurs, des informations ont été distribuées concernant l'épidémiologie des méningocoques en Suisse et d'une fièvre hémorragique au Kosovo (que la vaccination FSME ne permet PAS de prévenir), ou l'accusation de la toxicité de l'aluminium (MMF) parue dans les médias. Des documents permettant de déclarer les effets secondaires potentiels des vaccins ou de traduire les marques de vaccins / termes usuels des maladies que la vaccination permet de prévenir ont également été distribués.

Entre juillet et décembre 2001, INFOVAC a distribué 4 bulletins supplémentaires ainsi que des documents au sujet de l'anthrax et de la variole, annoncé / expliqué les modifications attendues des vaccins disponibles contre l'encéphalite-à-tiques verno-estivale, et informé du retrait de divers lots de vaccins, ainsi que des mesures à prendre pour les sujets vaccinés avec ces vaccins.

Entre janvier et décembre 2001, les experts d'INFOVAC ont répondu à 1137 questions, soit en moyenne 22 questions par semaine (50 questions par mois pendant la phase pilote), avec des pics évidents précédant les départs en vacances ! En reprenant les questions les plus fréquentes dans les bulletins mensuels d'INFOVAC, voire en distribuant immédiatement une information par courrier électronique, nous avons pu éviter que l'augmentation considérable du nombre des médecins inscrits (de 250 à 1536 en un an !) ne conduise à une explosion semblable du nombre des questions à traiter. Toutes les réponses ont été envoyées dans les 48 heures, et le plus souvent dans les 24 heures après leur réception, une réponse préliminaire étant envoyée lorsqu'une recherche complémentaire plus prolongée était nécessaire.

L'analyse de la distribution des questions indique que 312 médecins ont envoyé leurs questions à INFOVAC, 55% des questions étant en allemand. Le pourcentage des questions reçues par courrier électronique était de 81%, indiquant combien la facilité d'utilisation de ce mode de communication encourage l'interactivité !

Les questions adressées à INFOVAC peuvent être analysées en fonction du type de vaccin concerné et du motif des questions (Table 1). Il est frappant de noter que si l'ensemble des vaccins ont fait l'objet d'interrogations, la fréquence des questions reflète directement l'actualité vaccinologique : méningocoques depuis février 2001, hépatite B lors de l'enregistrement des vaccins hexavalents, DiTe après le retrait du vaccin Anatoxal DiTe enfants, DiTe polio / polio et ROR suite aux changements du plan de vaccination. Les bons « scores » du BCG et du vaccin contre l'encéphalite-à-tiques verno-estivale, pourtant réservés à un petit nombre, continuent à refléter directement les incertitudes quant à la « bonne pratique vaccinologique » liée à ces vaccins.

Les motifs des questions les plus fréquentes concernent les schémas de vaccination pour le rattrapage ou en situation inhabituelle de vaccination (intervalles, compatibilité vaccinale) et la nécessité de préciser une indication. Toutefois, un nombre significatif de demandes (20%) ont pour but d'identifier un effet indésirable possible d'une vaccination, de s'assurer de l'absence de contre-indication vaccinale ou d'obtenir un avis quant à des précautions éventuellement nécessaires. Enfin, plusieurs médecins ont souhaité obtenir des informations concernant des inquiétudes ou des allégations mentionnées par les médias ou évoquées par des parents (mercure, ESB, autisme, allergies, variole, …)1.


Un bilan très positif 

Le nombre rapidement croissant des inscriptions, le nombre élevé de questions reçues, les nombreux messages d'encouragement et de remerciements spontanément envoyés à INFOVAC sans oublier l'obtention du Prix Guido Fanconi 2001 de la Société Suisse de Pédiatrie ! - indiquent à quel point les pédiatres apprécient ce qui est rapidement devenu un outil essentiel de leur pratique pédiatrique. Ils sont progressivement rejoint par un nombre croissant de médecins généralistes, ce dont nous nous réjouissons tout particulièrement. Enfin, l'exemple d'INFOVAC commence à faire des envieux à l'étranger2, et il n'est pas exclu que ce type de réseau de formation continue et de consultation ne s'exporte, sous une forme ou sous une autre….

Merci, donc, aux pionniers de la première heure qui ont « cru » en ce projet novateur, à l'Office Fédéral de la Santé Publique et à la Société Suisse de Pédiatrie qui contribuent à son soutien financier et à tous ceux qui en contribuent à le faire connaître, afin qu'un nombre croissant de médecins de Suisse puisse en bénéficier.


Claire-Anne Siegrist, Genève
D. Desgrandchamps, Baar
U. Heininger, Basel
B. Vaudaux, Lausanne

1 Les bulletins et les documents distribués par Infovac peuvent être consultés sur le site internet de la Société Suisse de Pédiatrie :http://www.swiss-paediatrics.org/members/infovac/ (l'accès à cette partie du site nécessite un mot de passe qui peut être obtenu à l'adressehttp://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol12/n2/in-fr.htm )

2 « How to improve communication on vaccine issues at the national level ? INFOVAC-PED: an example from Switzerland », C.A. Siegrist, D. Desgrandchamps, U. Heininger, B. Vaudaux, 2002, Vaccine 20, S98-100

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Dernière mise à jour du site: 08.05.2008