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Prise en charge en cas de blessure accidentelle
par l'aiguille d'une seringue trouvée dans un lieu public
La découverte de seringues abandonnées par des toxicomanes dans
les lieux publics ou préaux d'écoles survient occasionnellement,
particulièrement dans les quartiers fréquentés par les
usagers de drogues injectables. Lorsque des enfants se blessent avec l'aiguille,
cela suscite toujours beaucoup d'inquiétude et d'émotions dans
leur entourage, surtout depuis le début de l'épidémie de
l'infection à VIH.
Aujourd'hui, nous pouvons faire le constat suivant:
La fréquence des accidents n'a pas sensiblement augmenté depuis
15 ans:
| A |
Un effort particulier a été accompli pour le nettoyage des
lieux publics. |
| B |
Les programmes d'échange de seringues ont porté leurs fruits. |
| C |
L'éducation des enfants est efficace. |
| D |
Le nombre de toxicomanes s'injectant des drogues est relativement stable. |
Il faut également noter qu'il n'y a jamais eu de contamination documentée
(et publiée) par le VIH par le biais d'une blessure accidentelle en dehors
du contexte médical. La contamination par les virus de l'hépatite
B et C est estimée dix fois supérieure dans des circonstances
similaires. Cependant, aucun cas n'a été décrit dans la
littérature. Il est cependant essentiel que les mesures hautement efficaces
de prophylaxie contre l'hépatite B soient appliquées en cas d'accident.
L'évolution des thérapies disponibles contre le VIH nous pousse
à refaire le point sur ce problème et revoir les directives quant
aux mesures à prendre en cas de blessure accidentelle dans des lieux
publics et places de jeux: (Voir aussi les recommandations actuelles de prophylaxie
post-expositionnelle du VIH hors du domaine médical dans le Bulletin
de l'Office fédéral de la santé publique).
Les recommandations qui suivent ne s'appliquent pas uniquement aux enfants,
mais également aux jeunes et aux adultes qui seraient victimes d'une
telle blessure accidentelle.
Attitude
- Faire une anamnèse très précise quant aux circonstances
de l'accident, le lieu précis, la situation et l'état de la
seringue, l'heure et les témoins éventuels.
- Généralement il n'est pas nécessaire de faire amener
la seringue qui a mené à l'accident. Le dépistage directe
(dosage de l'antigène
p24, PCR) du virus VIH n'est pas sensé. En plus les recherches sérologiques
sur du matériel asservi (même si possible quand il reste assez
de sang dans la seringue) ne font pas de sens.
- Bilan sanguin de départ (en rapport direct avec l'accident):
Prise de sang pour sérothèque afin de pratiquer dans un deuxième
temps, au cas où un contrôle ultérieur serait positif,
un bilan sérologique de base pour le VIH, l'hépatite B (Antigène
HBs, anticorps anti-HBs et -HBc) et l'hépatite C.
Dans les cas exceptionnels où l'on envisage une prophylaxie post-expositionnelle
contre le VIH (voir ci-dessous): FSC, créatinine, ASAT, ALAT, phosphatase
alcaline, amylase.
Prévention de l'hépatite B
Si l'enfant n'est pas (encore) vacciné contre l'hépatite B:
Vaccination immédiate puis à 1 et 6 mois (p. ex Engerix B®
[Junior] 0,5 ml i.m [> 18 ans Engerix B® 1 ml i.m])
(éventuellement combiné à la vaccination contre l'hépatite
A)
Au vu du risque également très faible de transmission du virus
de l'hépatite B en pareille circonstance et d'après les nombreuses
études faisant état d'une bonne efficacité de l'immunisation
active à titre prophylactique, on peut renoncer à une immunisation
passive.
Si l'enfant est vacciné:
- Anticorps anti-HBs > 10 UI/L: Nihil
- Anticorps anti-HBs < 10 UI/L: rappel vaccinal
Prévention du tétanos
Rappel si nécessaire en fonction des vaccinations antérieures
(Rappel DiTe pour Enfant [Adulte si > 8 ans]):
- Vacciné complètement, dernière dose < 5 ans: pas
de rappel
- Vacciné complètement, dernière dose > 5 ans: 0,5
ml i.m
- Si reçu 1 seule dose de vaccin: 0,5 ml i.m de suite puis 4 semaines
plus tard
- Si reçu deux doses: 0,5 ml i.m
Prévention de l'infection à VIH
En principe, pas de prophylaxie post-expositionnelle (PEP) nécessaire
sauf si:
Sang frais dans la seringue et blessure profonde et/ou usager de la seringue
connu HIV positif
- AZT (Retrovir®) 2x180 mg/m2/j +
Lamivudine (3TC®) 2x4 mg/kg/j +
Nelfinavir (Viracept®) 3x30 mg/kg/j
pendant 2-4 semaines
(Chez l'adulte: l'AZT et la Lamivudine peuvent être combinés
sous la forme de Combivir® 2 x 1 cpr/j + Nelfinavir 3x750 mg/j)
En cas de PEP: Contrôle de la FSC, tests hépatiques et rénaux,
amylase après 2 semaines de traitement.
Dans tous les cas
Contrôle sérologique final après 6 mois: VIH, HCV, anticorps
anti-HBs et -HBc. Sérologie VIH éventuellement déjà
après 3 mois en cas
d'inquiétude importante des patients/parents.
Références
- Sous-commission clinique (SCC) de la Commission fédérale pour
les problèmes liés au sida (CFPS): "Recommandations actuelles
pour la prophylaxie post-expositionnelle en dehors du milieu médical",
Bulletin de l'Office fédéral de la santé publique, S
4-6, 22.12.1997)
- Center for Disease Control and Prevention (CDC): Immunisation of health-care
workers: Recommendations of the Advisory Committee on Immunisation Practices
(ACIP) and the Hospital Infection Control Committee (HICPAC). MMWR 46(RR-18):
22-23, 1997.
- American Academy of Pediatrics: Red Book 2000 - Report of the Committee
on Infectious Diseases. 25th Edition
- Groupe Sida Pédiatrique Suisse (PAGS): Dr. Ch. Aebi, Berne, Dr. W.
Bär, Chur, Dr. U. Bühlmann, Zürich, Dr. J. J. Cheseaux, Lausanne,
Dr. M.P. Gianinazzi, Lugano, Prof. H. Gnehm, Aarau, Dr. U. Hunziker, Winterthur,
PD Dr. Ch. Kind, St-Gall, Dr. J. Klingler, Bienne, Dr. H. F. Kuchler, Sion,
Prof. D. Nadal, Zürich, Prof. Ch. Rudin, Bâle, Prof. G. Schubiger,
Luzern, Prof. C. A. Siegrist, Genève, Dr. F. Steiner, Zürich,
Dr. B. Vaudaux, Lausanne, PD Dr. C.A. Wyler Lazarevitch, Genève.
- Sous-commission clinique (SKK) de la Commission fédérale pour
les questions relatives au VIH-sida (EKAF): Membres et experts: Prof. M. Battegay,
Bâle, Dr. E. Bernasconi, Lugano (Président), Dr. H. Binz, Soleure,
Dr. M. Flepp, Zürich, Dr. HJ. Furrer, Berne, Prof. B. Hirschel, Genève,
Dr. J. Jost, Zürich, Prof. R. Lüthy, Zürich, Prof. Ch. Rudin,
Bâle, Prof. J. Schüpbach, Zürich, PD Dr. A. Telenti, Lausanne,
Dr. J. J.Thorens (OFSP), PD Dr. P. Vernazza, St-Gall.
- Groupe Sida Pédiatrique Suisse (PAGS) et Sous-commission clinique
(SCC) de la Commission fédérale pour les questions relatives
au VIH-Sida (CFPS)
- Office fédéral de la santé publique
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