Question au spécialiste :

Borréliose

« Cet automne, plusieurs enfants se sont présentés avec des tableaux cliniques variés, finalement attribués à une infection par des Borellia. En plus des habituels érythèmes migrants et d'une paralysie faciale aussi assez typique, nous avons également reçu un enfant présentant un véritable syndrome méningé et un autre avec une névralgie du trijumeau et une importante pleïocytose du LCR (> 200 cellules/mm3) sans signes méningés cliniques.

Quelle est la durée du traitement recommandée dans ces différents cas? Faut-il prévoir une PL de contrôle ?

Est-il fréquent d'observer un syndrome algique sur une Borréliose, sans signes méningés associés ? »

Dr A.Regamey, Morges

Réponse :

Cet enfant pose tout d'abord le problème du diagnostic de neuroborréliose. Les manifestations neurologiques de la borréliose sont diverses. Les plus fréquentes sont la paralysie faciale, la méningo-encéphalite et les radiculonévrites périphériques. En Europe, on observe parfois une atteinte méningo-radiculaire connue sous le nom de syndrome de Bannwarth. Les patients présentent d'importantes douleurs migratrices, pouvant durer des semaines et même des mois si l'affection n'est pas traitée. Dans le cas présent, les manifestations sont compatibles avec une borréliose, mais le diagnostic doit être confirmé par des examens paracliniques.

Les méthodes les plus spécifiques sont la culture du liquide céphalo-rachidien ou la polymerase-chain-reaction (PCR). La culture est malheureusement très peu sensible (guère plus de 10%). La PCR est certainement plus sensible mais il peut y avoir des faux positifs dus à des contaminations. Effectué et interprété correctement, la détermination de la synthèse intrathécale d'anticorps a une spécificité de 95% et une sensibilité de plus de 90%. C'est donc une excellente manière de confirmer un diagnostic, surtout si les manifestations cliniques ne sont pas typiques. Toutefois, ceci n'est pas toujours possible et on doit souvent se contenter d'une anamnèse évocatrice (piqûre de tique, érythème migrant) et de la démonstration d'anticorps dans le sérum par un test ELISA, confirmé par un Westernblot effectué dans un laboratoire spécialisé.

Il est recommandé de traiter une neuroborréliose par 2 à 4 semaines d'antibiotiques intraveineux, la ceftriaxone étant le 1er choix. La durée exacte du traitement n'est pas établie et est en général décidée en fonction de l'évolution clinique. Une ponction lombaire de contrôle n'est pas justifiée si l'évolution est favorable. Par ailleurs, la production intrathécale d'anticorps peut persister relativement longtemps après un traitement efficace, rendant difficile l'interprétation des résultats d'une ponction de contrôle.

A. Haass, J. Treib
Neurologic manifestation and classification of borreliosis
Infection 1996;24(6):467-469

G.P. Wormser
Treatment and prevention of Lyme disease, with emphasis on antimicrobial therapy for neuroborreliosis and vaccination
Seminars in Neurology, 1997;17(1):45-52

 

Prof. P. Francioli

Division autonome de médecine préventive hospitalière CH-1011 Lausanne

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E-mail: Patrick.Francioli@chuv.hospvd.ch


Dernière mise à jour du site: 08.05.2008